un "petit" coin de paradis
Un petit coin de paradis

Notre voyage se construit au gré des rencontres plus ou moins impromptues.
«Quoi? Vous partez déjà? Sans passer par le refuge Frey??? Mais c?est le meilleur endroit en Argentine pour faire de la rando! Tu choisis ton couloir et tu montes!»
Lui, c?est Nahuel. Guide de montagne local, cheveux longs, bandeau fluo et baladeur sur les oreilles.

Descente pour rejoindre la vallée du refugeL'objectif : le couloir rectiligneEt voilà. Quelques jours plus tard, c?est avec 20 kg sur le dos que nous partons pour la vallée Frey depuis le sommet de Cerro Catedral (forfaits toujours gratuits). Nous entamons une descente instinctive sur neige béton grâce à un repérage photographique fait la veille.
Une traversée de forêt, une ultime pente gravie et nous voilà rendu dans le petit coin de paradis de Pedro, le « refugiero » Suisse. Heureux hasard, Nahuel fuyant les cris de ses deux jumeaux nouveau-nés nous rejoint une heure plus tard. Quelques conseils quant à la course du lendemain :
« Ce couloir là ? En dessous du condor ? Bohaaa? Pas plus de 35°? ». Mouai? A voir !
« - Faut compter quoi, 3h ?
- Tu rigoles ?! Ca se grimpe en 45 minutes ça ! » Re-mouuuai.

La cuisine du refuge, l'antre de Nahuel et de Pedro le refugiego...


Deux dortoirs, deux pièces communes et une cuisine forment ce refuge déjà vieux d?une cinquantaine d?années ! Tirant parti de son âge et de son environnement, mais aussi de l?ingéniosité de Pedro, il est doté d?un générateur hydroélectrique conséquent lui permettant le luxe d?un chauffage et d?un éclairage électrique.




Coucher de soleilC?est avec un coucher de soleil à faire rougir une aurore boréale que nous découvrons les cimes alentours et les innombrables possibilités de courses. Nous passons ainsi plusieurs dizaines de minutes à rêver en silence.
Le spectacle terminé et 500 g de spaghettis plus tard, un dernier vin chaud nous conduit dans nos duvets.

Coucher de soleil Coucher de soleil Coucher de soleil


Lumière du matinDans le coulour...Dans le coulour...
Réveil aux aurores. Petit déjeuner au Dulce de Leche (confiture de lait) dégusté sur fond de lever de soleil digne du coucher, nous voilà prêt au départ. Aussitôt le couloir en vue, le condor par ses vols circulaires semble nous indiquer la route tout en nous rappelant que nous sommes sur son territoire.
Les 45 minutes annoncées par Nahuel nous permettent d?arriver au pied du couloir. Le plus gros reste à faire. Les 35 degrés du cône de déjection nous amènent au 45 degrés du couloir, confirmant nos doutes quant aux pronostics de Nahuel.
Après 2h d?ascension, nous débouchons enfin sur l?arête. Une fois n?est pas coutume, c?est un paysage à couper le souffle qui s?offre à nous, bien installé sur une plateforme inespérée.


Sandwichs engloutis, nous voilà partis !
Première moitié du couloir en neige dure. Le reste de la descente se fait dans une neige idéalement transformée. Et c?est encore Nahuel que nous retrouvons sur les bords du lac enneigé.
Nous échangeons quelques mots, puis regagnons le refuge tandis que lui repart pour un petit couloir.

descente descentedescente

 

Texte : Sylvain Barneron & Romain Vassor
Photos : Sylvain Barneron